Accenture Banking Blog

Dans mon précédent post, j’ai évoqué comment le paiement immédiat impacte la banque en profondeur. Les dernières expérimentations de ce mode de paiement en Europe sont très éclairantes.

Deux pays ont introduit ce système, la Grande-Bretagne en 2008 et le Danemark en 2014. Alors que le système a atteint sa masse critique outre-Manche en 4 ans, au Danemark, l’adoption du système a été immédiate.

Cela s’explique notamment par la bonne coopération entre les banques danoises et la Banque centrale.

En 7 mois, le programme danois a atteint le même niveau que le Britannique, une fois retraité les différences de poids démographiques. Pourtant, le dispositif britannique affichait en 2014 un volume de 1,1 trillion de transactions, en croissance de 20% par an.

Ces quelques chiffres illustrent la vitesse potentielle de propagation de ce système dans des zones comme l’Europe, les Etats-Unis ou l’Australie.

Plusieurs leçons en ressortent:

  • Le dispositif doit être clairement orienté sur les clients finaux.
  • Le service doit dès le départ être aussi étendu que possible afin de recueillir l’adhésion des parties prenantes.
  • Il doit aussi inclure assez tôt les mesures préventives contre la fraude et en faveur de la conformité.
  • Une vaste campagne de communication est vitale pour le succès du programme.
  • Il faut anticiper dès le lancement une forte demande et une croissance rapide des transactions.

Localement, d’autres facteurs peuvent grandement faciliter cette démarche. Au Danemark par exemple, la migration des services de paiement MobilePay très populaires sur le nouveau schéma. En effet, plus de 2,9 millions de Danois utilisent MobilePay.

Pour Accenture, les banques doivent s’y préparer car le paiement instantané pourrait devenir la règle dans les dix prochaines années. Les paiements papier vont dépérir. De leur côté, les entreprises vont continuer à utiliser les paiements RBTR (systèmes à règlement brut en temps réel, RTGS en anglais) pour les opérations à forte valeur. Le cash devrait aussi reculer.

Il est aussi envisageable qu’à un horizon de 10 ans le paiement immédiat prenne des parts de marché aux cartes de paiement, des outils qui ont été imaginés dans les années 60.

Malheureusement, certaines banques n’auront pas le volume d’affaires suffisant pour justifier d’engager des investissements en propre pour répondre à ces défis. En Australie, on a vu ainsi de petits établissements chercher des partenariats. C’est ce qui a poussé à la naissance des New Payments Platforms (NPP), où des alliances ont été passées entre acteurs de taille modeste.

En Grande-Bretagne, le dispositif de Faster Payments encourage les plus petits PSP à sécuriser un accès technique direct au service en agrégeant, ou en externalisant les services, comme alternative à une participation directe du sponsor ou de l’agence.

Dans mon prochain post, je complèterai ces éléments et décrirai comment Accenture peut aider les banques à adopter une démarche holistique.

Pour tout savoir, Accenture a publié une étude sur ce sujet, lire “Real-time payments for real-time banks” et regarder la vidéo.

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